Deux bacs, min-max ou point de commande : choisir une règle tenable
Rédaction Sqared5 min de lecture environ
Deux bacs peuvent tenir dans un meuble ; une revue hebdomadaire peut tenir dans l'agenda. Aucun des deux ne fonctionne si le signal de commande reste sans suite. Le choix commence par une question pratique : qui peut constater le besoin, à quel moment, et quand le réapprovisionnement sera-t-il réellement disponible ?
Voici trois organisations possibles, illustrées avec les mêmes chiffres fictifs. Ce ne sont pas des protocoles cliniques ni des niveaux de stock recommandés aux cabinets dentaires.
Trois règles à distinguer
Le terme « min-max » ne précise pas à lui seul la fréquence du contrôle. Le MIT distingue notamment le contrôle continu, le complément à date fixe et une formule hybride : à date fixe, commander seulement si le minimum est atteint. MIT, Chris Caplice, diapositives 5 à 7.
Dix boîtes dans le meuble, huit en commande : laquelle de ces quantités déclenche le réassort ? Un exemple calculé pour distinguer disponible et position de stock.
Une boîte à 24 € ou dix à 21 € : la réponse change si le surplus reste utilisable ou expire. Trois calculs pour comparer prix, consommation et trésorerie.
La position comprend le stock utilisable et le restant à recevoir, déduction faite des besoins déjà engagés hors prévision. Le calcul détaillé figure dans le guide du seuil de réassort.
Deux bacs : donner un signal visible
Dans la version présentée par USAID/JSI, deux contenants identiques portent la même référence. Le premier vide déclenche la commande d'un contenant ; le second permet de continuer les sorties. Le dimensionnement doit être revu si la consommation change. USAID/JSI, chapitre 4, pages 62–63.
Exemple pédagogique : le cabinet consomme quatre boîtes par semaine. Entre le signal et la disponibilité du réassort, il s'écoule deux semaines. Pour tester une réserve de six boîtes, chaque bac contient4 × 2 + 6 = 14 boîtes, conservées dans leur conditionnement.
Au premier bac vide, on commande 14 boîtes. Les deux semaines suivantes consomment huit boîtes du second bac : il en reste six à l'arrivée. Avec le nouveau bac plein, le stock physique est alors de 6 + 14 = 20 boîtes ; il ne remonte pas automatiquement à 28 puisque l'activité a continué pendant le délai.
Notre proposition d'organisation : fixer une carte au bac vide avec référence, quantité, date du signal et numéro de commande. Laisser cette carte visible jusqu'à réception évite qu'une autre personne interprète le même bac vide comme un nouvel achat à faire.
Ce dispositif paraît adapté à un essai sur quelques références récurrentes faciles à ranger. Il devient encombrant si chaque variante, taille et conditionnement réclame deux emplacements. Des prélèvements indifférents dans les deux bacs brouillent aussi le signal.
Point de commande : suivre les mouvements
Reprenons quatre boîtes par semaine, deux semaines de délai et six boîtes de réserve. Le seuil testé est 14 boîtes. Dans notre simulation, le suivi est actualisé à chaque mouvement et l'équipe peut transmettre la commande immédiatement.
Si la position descend à 14, une règle de complément vers 22 déclenche 22 − 14 = 8 boîtes. Au mouvement suivant, les huit boîtes commandées figurent déjà dans la position ; elles ne doivent pas être commandées une seconde fois.
Pour un cabinet qui n'actualise le tableau que le vendredi, ce calcul ne décrit pas le fonctionnement réel. Le besoin peut apparaître le lundi et attendre quatre jours avant d'être vu. Il faut intégrer cette attente dans la règle ou tenir effectivement le suivi continu.
Min-max périodique : intégrer l'attente jusqu'à la revue
Nous proposons maintenant une revue chaque semaine. Avec deux semaines de délai, le calcul doit examiner trois semaines : une jusqu'au prochain contrôle, puis deux avant disponibilité.
Dans ce modèle simple à consommation constante, on teste un minimum de 4 × (1 + 2) + 6 = 18 boîtes, puis un maximum de 22. Ce choix illustre la différence de calendrier ; il ne démontre pas un niveau de sécurité équivalent en présence d'aléas.
Position lors de la revue
Décision dans l'exercice
20 boîtes
Au-dessus de 18 : aucune commande
18 boîtes
Commander 22 − 18 = 4
17 boîtes
Besoin calculé : 5 ; si lot de 2, commander 6
10 boîtes
Examiner d'abord la couverture jusqu'à livraison
Avec un lot de deux, cet arrondi porte la position à 23 au lieu de 22. Le maximum devient une cible soumise au conditionnement. Vérifiez que l'espace et les dates permettent cet écart.
Choisir sur le travail réellement faisable
Pour un premier essai, notre recommandation est de retenir quelques références puis d'observer un cycle complet : le signal a-t-il été vu, la commande transmise, la réception rapprochée ? Relevez les écarts avant d'étendre le dispositif.
La méthode de commande ne remplace pas la rotation des lots. L'OMS décrit le principe FEFO : utiliser d'abord, parmi des articles identiques, ceux dont l'échéance est la plus proche. OMS, annexe 7, glossaire et section 12.30.
Désigner une personne et son remplaçant.
Préciser si le signal concerne un meuble ou tout le cabinet.
Inclure le délai entre constat, commande et disponibilité.
Enregistrer les commandes ouvertes avant le contrôle suivant.
Vérifier chaque référence et conditionnement séparément.
Prévoir quoi faire si le stock ne couvre pas l'attente.
Réviser les paramètres après un changement d'activité ou de délai.
Sources et périmètre
Rédaction Sqared — sources consultées le 8 septembre 2026 : Chris Caplice, MIT, Inventory Management — Probabilistic Demand, octobre 2006 ; USAID/JSI, The Logistics Handbook, 2011, version corrigée en 2014, chapitre 4 ; OMS, TRS 1025, annexe 7, 2020. Les propositions d'organisation et tous les calculs sont pédagogiques. Aucun seuil ni bénéfice chiffré n'est présenté comme une norme ou un résultat observé en cabinet.