Il reste dix boîtes dans le meuble. Une assistante prépare une commande ; sa collègue en a déjà commandé huit hier. Le meuble ne permet pas de voir ce qui arrive. Pour décider du réassort, il faut rapprocher le comptage, les besoins déjà engagés et les commandes ouvertes.
Les chiffres ci-dessous forment un exemple pédagogique fictif, pour une seule référence et un seul conditionnement. Ils ne décrivent ni un cabinet réel ni une consommation dentaire moyenne.
Commencer par une unité qui ne change pas
Choisissez une unité de suivi : ici, la boîte de 100 unités. Un colis de six boîtes entre donc pour six boîtes. Gardez le même niveau de comptage pour les sorties, les réceptions et le seuil. Une boîte entamée impose une convention : compter son contenu ou la distinguer des boîtes complètes.
Le manuel USAID/JSI sépare trois données : stock utilisable, consommation, pertes et ajustements. Une livraison est une entrée ; une boîte détériorée n'est pas une consommation. USAID/JSI, chapitre 2.
Dans notre exercice, les sorties ordinaires relevées sur huit semaines sont de 3, 4, 5, 4, 3, 5, 4 et 4 boîtes : 32 ÷ 8 = 4 boîtes par semaine. Aucune rupture ni fermeture ne s'est produite. Si le cabinet avait manqué de cette référence, les sorties observées n'auraient pas suffi à représenter les besoins.
Calculer le point de commande
Le point de commande couvre la demande prévue pendant le délai de réapprovisionnement, augmentée d'une réserve. Le choix de cette réserve dépend notamment des objectifs et de l'incertitude ; un pourcentage identique pour toutes les références ne constitue pas une démonstration. MIT, Chris Caplice, diapositives 9 à 11.
Pour l'exercice, retenons deux semaines entre l'envoi de la commande et la mise à disposition au cabinet :
| Élément | Hypothèse pédagogique | Calcul |
|---|---|---|
| Consommation ordinaire | 4 boîtes/semaine | 32 ÷ 8 |
| Besoin pendant le délai | 2 semaines | 4 × 2 = 8 boîtes |
| Réserve testée | 6 boîtes | Paramètre de l'exercice |
| Point de commande | Besoin + réserve | 14 boîtes |
Les six boîtes ne sont pas une recommandation. Elles servent à tester la méthode ; rien ici ne permet de leur attribuer une probabilité de rupture. Au cabinet, documentez les délais réellement constatés, leurs variations, les besoins inhabituels et les conséquences d'un manque avant de fixer ce paramètre.
Comparer le seuil à la position de stock
La position de stock ajoute aux quantités présentes les commandes non reçues, puis déduit les besoins engagés non encore servis. Elle sert à décider d'une nouvelle commande. Le stock disponible, lui, décrit ce que l'équipe peut prendre maintenant. MIT, définition et règles, diapositives 5 à 7.
Voici le comptage de notre cabinet fictif :
| Élément | Boîtes |
|---|---|
| Présentes physiquement | 14 |
| Bloquées, exclues de l'utilisation | −2 |
| Utilisables | 12 |
| Réservées pour un besoin exceptionnel | −2 |
| Disponibles immédiatement | 10 |
| Commandées, restant à recevoir | +8 |
| Position de stock | 18 |
Les deux boîtes réservées concernent un besoin exceptionnel absent de la prévision ordinaire. Ne soustrayez pas à nouveau des réservations déjà intégrées dans votre calcul prévisionnel.
Ici, 18 dépasse le seuil de 14 : la règle ne déclenche pas de nouvel achat. Comparer les dix boîtes disponibles au seuil aurait déclenché une deuxième commande.
Une commande ouverte n'assure pas la continuité
Les dix boîtes immédiatement disponibles représentent 10 ÷ 4 = 2,5 semaines de consommation ordinaire dans cet exercice. Si les huit boîtes arrivent dans une semaine, ce scénario tient. Si elles arrivent dans trois semaines, la position reste égale à 18 mais le calendrier révèle un manque avant réception.
Conservez alors la commande dans le suivi et signalez le retard. Vérifiez la date, la quantité réellement attendue et les possibilités de réponse avant de créer une autre commande. Une ligne « commandé » sans échéance ne suffit pas.
À la réception partielle de cinq boîtes, ajoutez cinq au stock utilisable après contrôle et retirez cinq du restant à recevoir : la position ne change pas, toutes choses égales par ailleurs. Les trois boîtes manquantes restent ouvertes jusqu'à réception ou annulation confirmée.
L'OMS recommande de rapprocher les réceptions des documents et de comparer périodiquement stock physique et stock enregistré. Les articles endommagés sont séparés du stock utilisable. OMS, annexe 7, sections 12 et 13.
La fiche à tenir avant le prochain achat
- Référence exacte, conditionnement et unité de comptage.
- Date du comptage, quantité utilisable et quantités bloquées.
- Besoins exceptionnels réservés, sans double déduction.
- Numéro de chaque commande, restant à recevoir et date annoncée.
- Seuil, réserve retenue et raison de ce choix.
- Responsable du réassort et remplaçant.
- Contrôle du calendrier avant toute commande supplémentaire.
Le seuil détermine quand examiner le réassort, pas combien acheter. Pour choisir la règle de quantité et la fréquence de contrôle, poursuivez avec deux bacs, min-max ou point de commande.
À utiliser au cabinet
Télécharger la fiche de suivi du réassort (CSV, compatible avec un tableur). Cette trame vierge reprend les champs du guide. Elle ne calcule pas de seuil automatiquement : renseignez vos unités, vérifiez les hypothèses et gardez une version partagée par l’équipe.
Sources et périmètre
Rédaction Sqared — sources consultées le 8 septembre 2026 : USAID/JSI, The Logistics Handbook, 2011, version corrigée en 2014, chapitres 2 à 4 ; Chris Caplice, MIT, Inventory Management — Probabilistic Demand, octobre 2006 ; OMS, TRS 1025, annexe 7, 2020. Ces références décrivent des méthodes logistiques générales. Les nombres, le scénario et la fiche de travail sont des constructions pédagogiques Sqared.



